When life happens.

Il y a un gros mythe dans la vie que je veux défaire : que les professeurs de yoga aiment tellement pratiquer qu'ils ou elles ne perdent jamais leur motivation.  Qu'on ne se lève jamais en se disant; fuck toute, Na-Mah-Stay in bed. Et bien c'est faux.  Comme tout le monde, on devient étourdi et on perd le focus.  Il y a des jours où on se lève et on ne veut que rester au lit.  Des soirs, où on ne veut pas se coucher pour boire une bière de plus. 

Dans le cadre du 200 YTT (Yoga Teacher Training) que je viens de débuter, j'ai eu à lire l'article suivant: Developing your own personal practice, de Hart Lazer, que je vous conseille fortement.  Dans ce texte, Hart Lazer explique les obstacles auxquels on fait face lorsque vient le temps de développer sa pratique personnelle. Il nous offre différents conseils pour y arriver, mais surtout, il nous amène à nous demander pourquoi nous pratiquons.  Y répondre fut pour moi tout un exercice.  Il a fallut que je retourne en arrière pour comprendre ce qui m'y avait poussé en premier lieu. 

Depuis que j'ai commencé à pratiquer le yoga plus sérieusement, il y a eu des hauts et des bas, mais j'ai toujours ressenti un très grand amour cet art/science/philosophie.  Depuis que j'ai fait de ma pratique une priorité dans ma vie, je ne suis plus la même personne.  Je considère qu'il y a une moi avant le yoga, et une après. Celle-ci m'a appris à ouvrir mon coeur, l'a adouci et empli de compassion et d'acceptation.  Des concepts que je connaissais mal avant. 

Avant, j'étais une personne très triste; j'étais anxieuse, fâchée et très fermée aux autres. J'ai été diagnostiquée avec une dépression à l'âge de 8 ans, puis 2 autres par après. J'ai souffert de troubles alimentaires et troubles anxieux que je ne savais pas comment gérer. Je me sentais très instable; j'avais beaucoup de difficulté à trouver une constance dans mon bonheur.  Je cherchais désespérément la chose qui allait me rendre heureuse.  Une personne, une substance, un loisir ou un sujet qui allait tout effacer le mal-être que je ressentais.  

À un certain point, j'étais tellement au bout du rouleau que j'ai décidé de lâcher prise.  J'ai arrêté d'essayer de voir trop loin en me projetant dans le futur pour simplement rechercher les activités qui me faisaient réellement sentir bien.  C'est dans ce contexte que j'ai accompagné une amie à un cours de yoga, juste pour le fun. Puis je suis tombée en amour.  

Le yoga est une pratique qui m'a introduit à ma vraie nature.  Elle m'a permis de comprendre qui j'étais, derrière un paquet d'idées préconçues et d'attentes de ce que je devais être. J'ai compris ce que voulait dire s'aimer et se respecter.  J'ai réalisé que l'on gagnait beaucoup de pouvoir sur sa vie en acceptant qu'on ne contrôle absolument rien.  Qu'il vaut mieux apprendre à naviguer la vague que d'essayer de la contrôler.  

Bien entendu, on n'appelle pas cela une pratique pour rien. Différente de la théorie, elle sous-entend qu'on doit s'y prendre à plusieurs reprises afin d'observer une différence concrète dans son quotidien. Ce qui est merveilleux dans tout ça, c'est que la vie nous donne toujours de maudites bonnes raisons de se tourner vers sa pratique; on ne s'en sort jamais.  

Mais je vais bien.  Je suis en amour. Je suis bien dans ma peau. J'aime ce que je fais.  Je suis mon intuition; je me fais confiance. Et c'est plus que ce que je pouvais affirmer pour les 21 premières années de ma vie.  Je ne serais pas prête à dire que c'est le yoga qui m'a sauvé. Par contre, il s'agit d'une pratique qui m'a offert les outils nécessaires pour retomber sur mes pieds when life happens.