New Moon Yoga X A demi Sauvage :: Incarner le sisterhood

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Vanessa de New Moon Yoga, et Valérie de À demi Sauvage sont deux filles de la même communauté qui, avant la semaine passée, se connaissaient à peine. Inspirées par leurs intérêts communs et cheminements similaires, elles se sont rencontrées pour un café, dans le but de faire connaissance pour de vrai.  


De cette rencontre est née l’idée de collaborer pour discuter bien humblement de sujets reliés à la femme, et de vous présenter le résultat pour la Journée Internationale de la Femme. Le but? Souligner l’importance de connecter et s’entraider en vous faisant un peu rentrer dans leur intimité.


Vanessa : J’aimerais commencer par te dire merci de vouloir te prêter à un projet comme ça. C'est tellement rafraîchissant de voir à quel point t'es authentique. La personne qu'on lit, c'est toi. Pis ça fait du bien.

Valérie : Ok mais arrête d'être cute comme ça ma tête enfle! Je pense que j'ai dit à 100% des personnes que je rencontre à quel point tu es inspirante.

Vanessa : Ben là.  On s'inspire mutuellement pis ça c'est beau en tabarouette! C'est ça le sisterhood!

Valérie : Parlant de sisterhood, pourquoi la femme t’inspire autant? Parce que dans ton discours de tous les jours, c’est pas mal ça qui ressort!

Vanessa : Ah seigneur c'est une maudite bonne question.

Tsé y'a des filles qui aiment mieux être amies avec des gars parce qu'elles trouvent que les filles sont trop compliquées?  Ben, ça jamais été mon cas.  J'ai toujours adoré m'entourer de femmes et c'est vraiment en leur compagnie que je me sens le plus moi-même.

Je trouve la femme sublime.  Dans sa complexité et sa force pour faire face à notre société.  La femme, elle m'impressionne constamment dans sa capacité de s'élever malgré ce qui joue contre elle.

Aille, je pourrais continuer longtemps.

Tu m'en as posé une bonne là.

Valérie : Et si tu avais le choix d'en choisir juste une qui t'inspire ça serait qui? (Connue ou pas pentoute)

Vanessa : My Goddess. Juste une? Pas facile. Je vais t'avouer que j'ai un gros faible pour les femmes entrepreneurs.  Des femmes qui créent leur propre chemin et qui n'ont pas peur de foncer, ça m'inspire énormément.  Surtout celles qui ont le dont de faire preuve de force et de douceur, en même temps. Ça c'est beau.  La première qui me vient en tête, c'est la conjointe à mon père.  C'est à la fois une femme d'affaire incroyable et une mère dévouée. Elle m'impressionne par sa capacité à toujours être focused sur les solutions.

J'ai beaucoup appris de cette femme-là.

Toi c'est qui ta femme?

Valérie : Je pense qu'Emmanuelle Daigle en ce moment est la femme qui m'inspire le plus... Elle a trouvé le moyen de vivre tellement comme bon lui semble, vivre simplement de ses passions. C'est un peu comme la vie de rêve à mes yeux. Elle crée sa maison avec les gens qui l’entourent pis selon moi c’est ça la vie. Il y a aussi beaucoup de son courage qui m’impressionne, de s'être lancée comme ça ben je trouve ça beau !

Vanessa : Wow, une fille de notre communauté en plus!

Pis toi, dit moi une chose que tu aimes du fait d'être une femme, et une chose que tu trouves plus difficile?

Valérie : Être une femme pour moi, c’est pouvoir être proche de mes émotions sans honte (parce qu'on sait tous que la société trouve ça moins normal un gars qui pleure) pis ça j’aime ça.  Je suis vraiment quelqu’un d’émotif, qui passe par des méchants hauts et des méchants bas en l’assumant à 100%. Pis en même temps ben, je trouve ça plus difficile être proche de mes émotions parce qu'il faut toujours dealer avec, c'est plus difficile faire l'autruche quand tu es là tsé?

Vanessa : Donc c'est comme un couteau à double tranchant?

Valérie : Ouais comme... mais un couteau à beurre genre!

Vanessa : Mais sérieusement, c’est exactement pour ça que c’est tellement important de prendre du temps pour gérer et intégrer ses émotions là!  Qu’est-ce que tu fais pour te recentrer : une soirée de self-love pour Val, ça ressemble à quoi?

Valérie : Ces temps-ci je suis pauvre en temps pour moi, mais une vraie de vraie soirée de self-love, quand je prend le temps, ça commence avec une bonne bouffe fraîche... Je trouve du gros fun à me faire un repas un peu à la Apollo dans le frigo, ça fait que je prends ce que j’ai, pis je cuisine avec des chansons qui me rendent 100% heureuse.

Après ça, je vais sûrement dans le bain, un beau livre, des huiles essentielles et des chandelles (surtout des chandelles).

La suite logique c’est faire dodo! (Peut-être écouter un épisode sur Netflix ou un docu qui fait voyager) Ça c’est le basic rituel du self-love Guillotte.

Vanessa : Si jamais tu feels yoga durant ces soirées -là, je te conseil les cours de Megan Campbell, qu'elle offre version podcast.  

C'est la queen du self-love, elle.

Si tu pouvais envoyer une courte lettre dans l'espace temps, à la jeune femme que tu étais à 15 ans, ça dirait quoi?

Valérie : Oh j’aime tellement cette question là! Ça ressemblerait à :

‘’ Salut ma girl, je sais que tu stresses pour tout et rien mais essaie de pas trop t'en faire, la vie trouve toujours une façon, pis rien n'arrive pour rien. Fais juste avoir confiance en ce qui est plus grand que toi pis regardes en haut de toi, regardes les étoiles... Yen a tellement et elles sont là depuis beaucoup plus longtemps que toi alors tes problèmes, même si ils t'affectent énormément en ce moment, ben dans 100 ans ils auront
1- plus d'importance
2- personne pour s'en souvenir
3- aucun impact (sauf si t'es Hitler mettons).
Profites de ce que tu as là pis laisses toi flotter! T’es belle même si tu ne le vois pas xx ’’

Vanessa : Hahaha c'est drôle, c'est pas mal le même message que je me serais envoyé!  

Valérie : Dans l’autre sens, dans 10 ans, de quoi serais-tu reconnaissante?

Vanessa : D'avoir construit quelque chose.  D'avoir créer quelque chose de concret pour rassembler les femmes de ma communauté.  Ma définition du succès est très reliée à l'impact que je voudrais avoir sur elles.  Alors je serais reconnaissante d'avoir du succès.  

Et d'avoir une maudite belle salle de bain, avec un bain sur pattes. Toi?

Valérie : Je pense que tout ce que je désire vraiment c'est pouvoir vivre de pas trop, sur le bord de la mer avec des bébés bronzés et de l'amour tout autour. Je serais reconnaissante de ça  pis d'avoir une job qui me fait sentir en vacances à tous les jours.


Puis on s’est laissé sur nos rêves et la promesse de se refaire un brin de jasette très prochainement.  C’est ça qui arrive quand deux filles qui ne se connaissent à peine décident de lier leurs efforts pour l’amour du sisterhood.  Se supporter les unes les autres, entre femmes d’une même communauté, c’est un choix.  Un choix que l’on encourage toutes les femmes à prendre en cette journées qui nous est dédiée.

Profites-en dont pour connecter avec une fille que t’as envie de connaître.  

Vous rayonnez, et on vous aime.

Alexandra Otis :: Conversation avec une Yogini

 Photo : Alex C.D. Photography

Photo : Alex C.D. Photography

J'adore avoir la chance de m'asseoir avec des yogis et des yoginis, dans le but de discuter de leur pratique. Je trouve fascinant de voir comment il y a autant de yoga qu'il y a de yogis, puisqu'il s'agit d'une pratique très personnelle.  Dans le but de présenter la diversité dans le monde du yoga, j'ai pensé qu'il serait intéressant de partager des conversations avec différents yogis de notre communauté. 

J'ai rencontré Alexandra dans un contexte de travail, puisqu'elle est l'une des ambassadrices au lululemon athletica Laval. J'ai instantanément été charmée par sa douceur et son authenticité.  Alexandra a le don de créer une atmosphère vibrante et chaleureuse partout où elle va.  Cette année a été remplie de réalisations et de #goalcrushing pour Alex : l'ouverture de son magnifique studio à Prévost,  et enseigner plusieurs cours au festival Wanderlust au Mont-Tremblant. 

Alexandra a pris le temps de s'entretenir avec moi afin de répondre à quelques questions.


NMY :: Comment décrirais-tu ta première expérience dans un cours de yoga? 

AO :: C'était incroyable! Je suis allé dans une classe d’une heure et demi avec une professeur vraiment très inspirante ! Je me souviens que j’étais tendue et que mon mental était plutôt agité cette journée là.  À la fin de la pratique je me sentais beaucoup plus calme et détendu, ça m’avais fait un bien fou. J’ai su à partir de ce moment que le yoga serait dans vie pour toujours.


NMY ::  Quel(s) professeur(s) influencent ta pratique et ton enseignement?

AO :: Il y a Hart Lazer et Donna Read qui influencent énormément mon enseignement par leurs connaissances approfondies en matière d’anatomie, de thérapeutique et d’ajustements. J’ai aussi beaucoup d’admiration pour Elena Brower et Seane Corn.

NMY :: Ta chanson préférée pour un Savasana?

AO :: C’est temps-ci j’adore, Duet de Rachael Yagamata


NMY :: Il arrive fréquemment que le yogis vivent des ''ah-ha moments'' ou révélations durant des pratiques. Peux-tu nous parler d'une leçon ou révélation que tu as eu lors d'un cours de yoga?

AO :: En fait mes ‘’ah-ha moments’’ arrivent habituellement en méditation… des moments ou je me sens pleinement connecté à mon intuition, ou je peux laisser ma sagesse intérieur me guider afin d’être au bon endroit au bon moment.  Un des plus beaux cadeaux de la pratique est de pouvoir apprécier le moment présent sans aucune attente.

MY :: Ton asana favori? 

AO :: Viparita Karani sans hésitation !  Les bienfaits de cet inversion et de la force de gravité qui s’exerce sur notre corps est tout simplement fantastique.


NMY :: Si tu avais à décrire ce que représente le yoga pour toi en 1 mot?

AO :: Esprit sain…oups 2 mots !


NMY :: Si tu pouvais retourner dans le temps afin de remettre une lettre à la jeune fille que tu étais quand tu avais 15 ans, que voudrais-tu lui dire? 

AO :: Chère Alex! Surtout ne te prend pas trop au sérieux! Fait confiance à la vie…tout arrive à point sur notre chemin afin que notre âme se transforme.

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NMY :: Un livre qui t'as transformé, ou qui a eu un impact sur ta pratique?

AO :: Living Your Yoga: Finding the Spiritual in Everyday Life  -  By Judith Hanson Lasater.  
Ce livre m’a aidé à amener ma pratique de yoga à l’extérieur de mon tapis !

When life happens.

Il y a un gros mythe dans la vie que je veux défaire : que les professeurs de yoga aiment tellement pratiquer qu'ils ou elles ne perdent jamais leur motivation.  Qu'on ne se lève jamais en se disant; fuck toute, Na-Mah-Stay in bed. Et bien c'est faux.  Comme tout le monde, on devient étourdi et on perd le focus.  Il y a des jours où on se lève et on ne veut que rester au lit.  Des soirs, où on ne veut pas se coucher pour boire une bière de plus. 

Dans le cadre du 200 YTT (Yoga Teacher Training) que je viens de débuter, j'ai eu à lire l'article suivant: Developing your own personal practice, de Hart Lazer, que je vous conseille fortement.  Dans ce texte, Hart Lazer explique les obstacles auxquels on fait face lorsque vient le temps de développer sa pratique personnelle. Il nous offre différents conseils pour y arriver, mais surtout, il nous amène à nous demander pourquoi nous pratiquons.  Y répondre fut pour moi tout un exercice.  Il a fallut que je retourne en arrière pour comprendre ce qui m'y avait poussé en premier lieu. 

Depuis que j'ai commencé à pratiquer le yoga plus sérieusement, il y a eu des hauts et des bas, mais j'ai toujours ressenti un très grand amour cet art/science/philosophie.  Depuis que j'ai fait de ma pratique une priorité dans ma vie, je ne suis plus la même personne.  Je considère qu'il y a une moi avant le yoga, et une après. Celle-ci m'a appris à ouvrir mon coeur, l'a adouci et empli de compassion et d'acceptation.  Des concepts que je connaissais mal avant. 

Avant, j'étais une personne très triste; j'étais anxieuse, fâchée et très fermée aux autres. J'ai été diagnostiquée avec une dépression à l'âge de 8 ans, puis 2 autres par après. J'ai souffert de troubles alimentaires et troubles anxieux que je ne savais pas comment gérer. Je me sentais très instable; j'avais beaucoup de difficulté à trouver une constance dans mon bonheur.  Je cherchais désespérément la chose qui allait me rendre heureuse.  Une personne, une substance, un loisir ou un sujet qui allait tout effacer le mal-être que je ressentais.  

À un certain point, j'étais tellement au bout du rouleau que j'ai décidé de lâcher prise.  J'ai arrêté d'essayer de voir trop loin en me projetant dans le futur pour simplement rechercher les activités qui me faisaient réellement sentir bien.  C'est dans ce contexte que j'ai accompagné une amie à un cours de yoga, juste pour le fun. Puis je suis tombée en amour.  

Le yoga est une pratique qui m'a introduit à ma vraie nature.  Elle m'a permis de comprendre qui j'étais, derrière un paquet d'idées préconçues et d'attentes de ce que je devais être. J'ai compris ce que voulait dire s'aimer et se respecter.  J'ai réalisé que l'on gagnait beaucoup de pouvoir sur sa vie en acceptant qu'on ne contrôle absolument rien.  Qu'il vaut mieux apprendre à naviguer la vague que d'essayer de la contrôler.  

Bien entendu, on n'appelle pas cela une pratique pour rien. Différente de la théorie, elle sous-entend qu'on doit s'y prendre à plusieurs reprises afin d'observer une différence concrète dans son quotidien. Ce qui est merveilleux dans tout ça, c'est que la vie nous donne toujours de maudites bonnes raisons de se tourner vers sa pratique; on ne s'en sort jamais.  

Mais je vais bien.  Je suis en amour. Je suis bien dans ma peau. J'aime ce que je fais.  Je suis mon intuition; je me fais confiance. Et c'est plus que ce que je pouvais affirmer pour les 21 premières années de ma vie.  Je ne serais pas prête à dire que c'est le yoga qui m'a sauvé. Par contre, il s'agit d'une pratique qui m'a offert les outils nécessaires pour retomber sur mes pieds when life happens.